mardi 8 septembre 2020

Préambule

 

Même si l'archéologie ne cesse de nous révéler ce que fut la vie des Britanniques sous la haute antiquité, le fait qu'ils ne maitrisaient pas l’écriture ne nous laisse d'eux que des vestiges anonymes. C'est avec la conquête romaine que, pour la première fois, apparaissent de vrais visages et que l'histoire prend forme. Avant l’arrivée de Jules César, la Grande Bretagne évoluait dans l’isolement que lui procurait son statut insulaire. On estimait qu’elle comptait alors environ 1 million d’habitants répartis en nations ou en tribus comme c’était aussi le cas pour les peuples du continent. Ils y pratiquaient l’agriculture et l’élevage mais on constatait une forte disparité entre les grandes plaines fertiles du sud de l’île et les âpres reliefs du nord où l’habitat se concentrait dans des cités fortifiées. 

L’île avait été reconnue à la fin du IVème siècle par le navigateur Massaliote Pythéas qui en avait longé une bonne partie des côtes. Britannia était le nom que lui donnait les marins gaulois et on appelait ses habitants étaient les Pretannoï. Selon certains, ce terme dériverait du celte Prydain, signifiant « tatouage » et qui correspondrait à une pratique répandue parmi les peuplades autochtones. Peut-être faut-il y voir une allusion à la description que César faisait des guerriers bretons qui, selon lui, se teignaient entièrement le corps en bleu, ce qui leur conférait un aspect terrifiant.

Très à l’écart des voies maritimes empruntées régulièrement par les navires de l’époque, l’île conservait une large part de mystère. Les échanges commerciaux avec le continent étaient cependant réguliers en raison de l’étain extrait de ses mines de Cornouailles qui partait en abondance vers la Gaule et l’Espagne. Jules César, lui-même dans ses Commentaires fait mention de l’importance du trafic maritime entre l’Armorique et la Bretagne. La puissante nation armoricaine des Vénètes en avait le contrôle. Présents dans tous les ports et disposant d’une impressionnante quantité de bateaux, les Vénètes étaient alors les véritables maîtres des mers.

Autre fait majeur : à partir du milieu du IIème siècle av J.C. des Belges venus du nord de la Gaule commencèrent à s’établir au sud-est de l’île. A en croire Jules César, c’était l’appât du butin et la guerre qui les attiraient en Bretagne, mais était-il vraiment objectif ? Et si cela n’avait été qu’un prétexte pour justifier son propre désir d’envahir la Grande Bretagne ? En fait, il parait probable qu’au cours du IIème siècle av. JC, des tribus gauloises aient été chassées de leurs terres par des peuplades germaniques attirées non par le butin mais par la fertilité des sols. Sous la menace d’un excès démographique, certaines auraient choisi d’émigrer vers de nouveaux horizons. Cette émigration dura plusieurs décennies, provoquant une longue série de guerres avec les tribus autochtones. Selon César, il se serait agi d’une réelle tentative d’invasion du fait que les Belges auraient débarqué les armes à la main mais tout bien considéré, cette proposition est à relativiser, car ce n’est pas une armée qui accosta mais plutôt un peuple égaré qui se déplaçait, cherchant une nouvelle terre à « cultiver ». 

Malgré les années, les peuples belges, dont l’héritage celte était pourtant relativement comparable à celui des populations bretonnes, ne cessèrent d’être considérés comme des étrangers. Tandis qu’en Europe continentale, les mouvements de populations étaient fréquents, pour ne pas dire constants, que bien souvent des peuples se regroupaient et s’assimilaient entre eux, tandis que d’autres s’émancipaient, les Bretons « de souche » avaient fait preuve, face à l’arrivée de migrants sur leur sol, d’un véritable réflexe identitaire à caractère xénophobe, en d’autres termes d’un nationalisme sectaire. C’est peut-être la raison pour laquelle, les Belges expatriés avaient, pour une large part, conservé le nom de leur tribu d’origine. 

Parmi les peuples impliqués, César cite les Suessiones dont, selon lui, le roi Diviciacus qui avait régné au début du 1er siècle (entre 90 et 60) aurait étendu son pouvoir des deux côtés de la Manche. L’hypothèse serait assez vraisemblable comme en témoignent la découverte de nombreuses monnaies belges sur la côte sud-est de l’île et dans l’actuel Kent. En Gaule, le territoire des Suessiones s’étendait autour de l’actuelle ville de Soissons et selon César, ceux-ci étaient intimement liés à la nation voisine des Rèmes

En 57 av. J.C., ils avaient pour roi un certain Galba, homme sage et respectable, qui avait fédéré autour de lui l’ensemble des nations belges pour faire la guerre aux Romains. Il disposait pour cela d’un contingent de 50 000 hommes. En revanche, rien ne dit qu’il jouissait d’un certain pouvoir en Bretagne.


Préambule

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